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08/03/2016

Du rififi Fusion des agglos

 

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la guerre des tranchées en Cévennes


Rien ne va plus en Cévennes. D'ici janvier 2017, le préfet veut regrouper les communautés de communes du Pays Grand'Combien, des Hautes-Cévennes, de Vivre en Cévennes avec Alès Agglo. Cette nouvelle carte divise les élus en deux clans : les pros et les antis.


Les deux camps assurent ne pas être en guerre. Pourtant, à entendre leurs propos, n'importe quel néophyte croirait le contraire. D'un côté, le clan Patrick Malavieille, maire de La Grand'Combe , croit en la force d'une grande intercommunalité. De l'autre, l'édile cendrasien Yannick Louche et ses camarades préfèrent une structure à échelle humaine et refusent ce mariage forcé.


La bataille entre ces deux visions communistes différentes ne date pas d'hier. Mais les deux groupes ont quand même un point commun : ils ne communiquent pas entre eux et passent par médias interposés.


Alès Agglo, une catastrophe pour certains


15 communes cévenoles ne voient pas la fusion d'un si bon œil : Cendras, Les Salles-du-Gardon, Lamelouze, La Vernarède, Le Martinet (oups le maire des mages cri au et fort la solidarité au sein de vivre en Cévennes, une épine dans le pied ? ) , Génolhac, Aujac, Bonnevaux, Chamborigaud, Ponteils-et-Brésis, Malons-et-Elze, Concoules, Chambon, Sénéchas et Vialas. Cette dernière, située en Lozère, a déjà annoncé son départ.
Pour les autres, ce nouveau schéma signifie la disparition des petites communes rurales, qui seront éloignées du centre des décisions. "La redistribution des richesses dans une grosse structure ne se fera pas à l'avantage de la ruralité", assure Yannick Louche, maire de Cendras. Et Patrick Deleuze, président des Hautes-Cévennes d'enchaîner : "Notre territoire est en parfaite santé financière. Nous ne sommes pas riches mais nous ne sommes surtout pas pauvres. Et, en terme d'image, vous pensez vraiment que le Parc national des Cévennes a envie d'être rattaché à une agglomération ?"


Pour crédibiliser leur opinion, les élus concernés se sont penchés sur l'élaboration d'une contre-proposition qui s'appuie sur un projet de développement des filières locales telles que l'agriculture, le bois et le tourisme. Leur carte comprend 22 communes impliquant l'ensemble du Pays Grand'Combien et des Hautes-Cévennes ainsi que quatre villages de Vivre en Cévennes : Le Martinet, Les Mages, Saint-Florent-sur-Auzonnet, Saint-Jean-de-Valériscle.
Seul hic, huit d'entre d'elles n'ont pas été consultées et ont voté pour un rapprochement avec Alès. Mais Yannick Louche reste droit dans ses bottes : "Nous non plus, nous n'avons pas été consultés quand Malavieille a décidé de rentrer dans l'agglo. Il nous a exclu de sa rencontre avec le préfet".

Alès Agglo, une chance pour d'autres


Las, Patrick Malavieille ne pense qu'à une chose : aux bienfaits d'Alès agglo pour son berceau, La Grand'Combe. S'il risque de perdre son fauteuil, il pourra probablement, tractations à l'appui, en trouver un autre. "Seuls, on décidera quoi ? La grande région est prête à financer la deuxième tranche du parc économique Humphry Davy. Ça n'aura de sens que dans une agglo. Notre attractivité est vers le sud. Il faut aussi penser à l'avenir de l'hôpital de Ponteils-et-Brésis", interroge t-il.


Au sein de l'intercommunalité, cinq municipalités partagent son avis : Sainte-Cécile-d'Andorge, Portes, Laval-Pradel, Branoux-les-Taillades et La Grand'Combe. "Ce ne sera pas facile mais si on veut porter des grands projets, c'est qu'au niveau d'une grande agglo qu'on pourra le faire", argue Pascal Milesi, maire de Saint-Julien-de-Cassagnas. Sur 121 futurs membres, les plus petites communes ne pèseront qu'une voix. Bonnevaux, isolée au nord du Gard avec ses 100 habitants, pourra t-elle se faire entendre ? et nous les mages pèserons nous dans la balance ?


Et sur la question de l'augmentation fiscale fustigée par Max Roustan, président d'Alès Agglo, Patrick Malavieille veut lui tordre le cou : "Cette imposition ne s'élèvera qu'à quatre euros par foyer fiscal et par an. C'est tout». Beaucoup de tapage, probablement pour pas grand chose. Peu de chances que les lignes dessinées par le préfet du Gard évoluent.


A suivre


Patrick MANCA
Conseiller municipal d’opposition

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